société

« La bienveillance » et la réalité

Le 28/03/2022

Sous le couvert d’une fausse «  bienveillance », l’Éducation nationale  a souvent abandonné toute exigence intellectuelle, au moins dans certains lieux.  Bienveillance qui n’est en réalité qu’un mépris déguisé : en réalité, on postule dès le départ que certains n’arriveront jamais à apprendre, alors, on ne fait rien pour leur apprendre efficacement, réellement, ce dont ils sont par trop éloignés...
Sous prétexte de ne pas brimer de pauvres enfants de milieu social défavorisé, on évite de se montrer trop rigoureux avec eux. C’est bien, certes, de se montrer positif et encourageant. Mais quand il s’agit de renoncer à voir grand pour les élèves, à leur enseigner ce qui se fait dans les établissements de centre-ville, sous prétexte de se mettre à leur portée, quand la bienveillance devient laxisme et mépris, quand elle postule que, dans la vie, ces enfants n’auront pas besoin de savoir grand chose de toute manière... elle les prépare bien mal à la réalité du monde.

 

Criminelle « bienveillance »

Le 22/03/2022

Vous avez une dent contre l’école ? 
Moi aussi. Pas la même, peut-être. Moi, j’ai une dent contre l’Éducation nationale et son manque d'exigence rebaptisé « bienveillance ».
« Comment faites-vous pour que vos élèves aient d’aussi bonnes notes en orthographe ?, demandai-je, jeune prof avide de conseils, à des collègues expérimentés. Les miens ont des notes catastrophiques en dictée, malgré mes explications. » Eh, bien ! il paraît que c’est moi qui suis trop exigeante. 
De toute manière, à quoi bon ? Il faut obéir à ceux qui font les programmes... et éviter les problèmes.
Et puis, ces jeunes découvriront bien à temps la dureté de la vie, hein, quand les recruteurs jetteront à la poubelle leurs CV truffés de fautes.
Après, il faut apprendre à des adultes ce qu’ils auraient dû apprendre plus tôt. Mais ce n’est pas à eux d’avoir honte de ne pas le savoir encore. On leur a fait croire que l’orthographe, c’était juste décoratif.

 

Apprendre à dire...

Le 08/03/2022

«  Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement

Et les mots pour le dire arrivent aisément » (Boileau, « Art poétique », I, vv. 153-154)

Certes, les différents générateurs de langues de bois et de propos absurdes en témoignent : l'emploi d'un discours abscons est souvent le voile qui couvre, non pas une pensée complexe, mais le vide total de la pensée. Se perdre en mille et une circonlocutions, c'est le signe que l'on ne sait, en fait, ni ce que l'on dit, ni ce que l'on veut dire.

Quand on n'a pas d'idée, on n'a donc pas les mots... pour ne rien dire. 

Mais la réciproque est vraie : quand on n'a pas les mots pour formuler une idée, celle-ci a bien du mal à faire son chemin...

En revanche, on pourrait objecter à Boileau que certains font l'expérience de n'avoir « pas les mots » pour exprimer ce qu'il voudraient dire... Parce que les mots leur manquent sous l'effet de l'émotion, parce que les mots leur semblent trop usés, passés, parce qu'ils ont perdu de leur vigueur à force  d'être employés à tort et à travers...

...ou encore, simplement, parce qu'il leur manque la connaissance de langue et de sa puissance. Savoir exprimer ce que l'on veut dire suppose une maîtrise de la langue que tous n'ont pas... pas encore, pas assez... parce que cela s'apprend, et que, quand on apprend beaucoup de chosee, on a peut-être négligé d'apprendre les subtilités de la langue. Et l'on doit maintenant rédiger un mémoire, un article, ou une lettre, et c'est important, mais... comment faire ?

Cela s'apprend... et il n'est jamais trop tard !